La mission s’est déroulée dans de très bonnes conditions et nous avons eu le plaisir d’accueillir Pierre et Hélène (mission PH) qui sont venus
travailler sur le maraîchage fin novembre.
Ce compte rendu est une première approche de l’évaluation du programme que nous développons depuis septembre 2006. Même s’il est
encore trop tôt pour en tirer des conclusions sur la pérennité de notre action, il s’agit de s’assurer que des évolutions se sont produites dans les villages où nous intervenons et que la
situation des villageois s’est améliorée ou est en bonne voie d’amélioration, l’objectif étant le développement rural et la marche vers l’autonomie.
I) Les Centres d’apprentissage et de Développement rural
Notre programme s’organise autour de 2 axes successifs:
- l’axe 1, apprentissage et alphabétisation pour les
jeunes descolarisés, axe que nous finançons entièrement,
- l’axe 2, développement rural pour l’ensemble des
villageois et sur la base de leurs projets, axe pour lequel nous établissons des dossiers afin de rechercher des financements
extérieurs.
Nous avons aujourd’hui 3 villages à des stades différents :
- Tidirka (ouvert en septembre 2006)
Axe 1 - la formation de base est terminée depuis mars 2008 et les jeunes artisans exercent leurs activités en autonomie.
Axe 2 – sous notre impulsion, des activités villageoises génératrices de revenus ont démarré : épicerie, petit élevage,
transformation de l’arachide. Un projet de maraîchage est en cours (voir III ci-dessous).
- Tchambanga (ouvert en octobre 2007)
Axe 1 : les stagiaires sont en autonomie progressive et termineront leur formation de base fin février 2009.
Axe 2 : comme à Tidirka, les groupements de femmes ont souhaité développer l’activité de l’arachide ; nous avons monté un
dossier que nous avons présenté au Projet Lux-Développement ; il est en bonne voie d’acceptation. Un projet de maraîchage est en cours (voir III ci-dessous).
- Daoudadey (ouvert en novembre 2008)
Axe 1 : la formation de base a commencé le 6 novembre 2008.
Axe 2 : les réunions villageoises débuteront au mois de mars 2009.
II) Les premiers
résultats
Au cours de la mission, nous avons commencé à analyser les premiers résultats sur les villages de Tidirka et de Tchambanga. Il faudra
néanmoins attendre l’année 2009 (et les suivantes) pour avoir des résultats plus significatifs.
II.1 Première évaluation à
Tidirka
- sur les objectifs de base
|
objectifs de
base
|
|
Pour 18 stagiaires qui ont suivi la formation, la capacité à exercer les métiers appris au cours de l’apprentissage
|
Les jeunes artisans sont capables de fabriquer les objets qui correspondent aux besoins des villageois.
A l’occasion de la rentrée des classes, de la fête de la rupture du jeûne et de la fête de Tabasky les ateliers ont eu des
commandes de vêtements et d’articles de menuiserie (tabourets, bancs, tables, ….). Ils tiennent leur comptabilité : journal de caisse, achats, stocks, compte d’exploitation.
Les résultats sont cependant insuffisants et il faut attendre que les activités villageoises génératrices de revenus soient
plus développées pour permettre d’accroître la demande.
Il apparaît nécessaire également de poursuivre les réunions villageoises afin de faire comprendre l’intérêt de faire
travailler les artisans du village.
|
|
Freiner l’exode des jeunes garçons
|
Les 9 garçons formés au Centre sont restés au village. Ils ont constitué le Groupement NYYA et exercent leurs métiers dans les
locaux du Centre qui leur sont loués (somme symbolique). Pour rester au village, il leur faut au minimum un revenu monétaire de 15 € par mois et par personne, montant qui n’est pas encore
atteint.
|
|
Retarder l’âge du mariage des filles et leur assurer l'exercice d'un métier
|
Aucune fille n’a été mariée pendant les deux ans de formation. En revanche, elles ont toutes été immédiatement mariées en mars
2008 et ne sont pas revenues au Centre, et sur ce dernier point, c'est un échec.
Comme elles sont mariées dans le village, nous négocions actuellement pour qu’elles soient autorisées à faire du travail à domicile (broderie, tricotage …) car la demande existe.
|
|
Laisser dans le village un groupe alphabétisé et formé à la gestion
|
A part deux irréductibles (une fille et un garçon), tous les jeunes que nous avons formés lisent, écrivent et savent faire les
calculs de base alors qu’ils étaient majoritairement analphabètes au départ. 4 d’entre eux sont capables de mener des réunions, de faire des comptes rendus et de tenir les documents
comptables.
Les cours de gestion continuent pour le Groupement NYYA.
|
|
Favoriser l’implantation d’activités génératrices de revenus pour les villageois
|
Sous notre impulsion, la transformation de l’arachide dans le village s’est développée ; c’est une activité très rentable. La saison a commencé en novembre et va se poursuivre jusqu’en juin 2009. Nous aurons alors des informations plus précises sur les gains
obtenus et sur l’utilisation qui est faite de ces revenus.
|
|
Evolution des attentes des
villageois
|
|
Demande de microcrédit pour monter des activités nouvelles
|
Pour répondre à des demandes exprimées lors des réunions villageoises, des réalisations ont vu le jour :
- une épicerie
- une expérience d’élevage d’ovins
Deux réalisations menées par le Groupement NYYA et pour lesquelles nous avons accordé un microcrédit. Ces activités nouvelles
s’avèrent rentables.
|
|
Demande d’alphabétisation et de formation à la gestion de la part des femmes des groupements
|
Nous étudions actuellement les modalités de mise en œuvre de cette formation qui pourrait être l’occasion d’introduire des
notions de développement rural.
|
|
Expérimentation de nouvelles variétés d’arachide et premières ébauches d’organisation pour la commercialisation de l’huile
d’arachide
|
Hommes et femmes ont régulièrement travaillé sur le champ expérimental monté à Tidirka par le Projet Lux-Développement. Les
femmes nous ont sollicités pour les aider à s’organiser en vue de commercialiser l’huile.
|
voir des photos, cliquez sur
: Ateliers de Tidirka
II.2 Première
évaluation à Tchambanga
Les jeunes n’ont pas encore terminé leur formation : ils sont actuellement en autonomie progressive. Filles et garçons se
montrent particulièrement actifs :
- leur travail est de qualité
- en alphabétisation, nous avons actuellement 2
niveaux :
· niveau 1 : 13 stagiaires et la formatrice en broderie ; analphabètes au départ, ils lisent et écrivent aujourd’hui sans difficulté
; les cours de gestion ont commencé en décembre ;
· niveau 2 : un groupe de 6 stagiaires qui au départ avaient quitté l’école entre le CM1 et la 5ème ; ils sont en mesure
aujourd’hui de gérer les activités du Centre. Nous leur apprenons actuellement à monter des projets.
Nous notons déjà dans ce village une dynamique beaucoup plus forte qu’à Tidirka :
- les parents sont très impliqués, nous les préparons à
laisser leurs filles poursuivre leur travail quand la formation sera terminée et même si elles sont mariées ... à suivre ...
- les villageois fréquentent régulièrement le Centre et
passent des commandes
- les personnes des villages environnants viennent
souvent pour faire des achats.
Au cours des réunions villageoises, à côté des activités de base, des besoins d’activités nouvelles émergent : rechapage des
pneus et réparation des charrettes (ce qui suppose l’achat d’un groupe électrogène), une épicerie, de l’élevage.
Ces projets sont cohérents et s’inscrivent bien dans une optique d’autonomisation
villageoise.
Nous attendons la fin de la formation initiale en février pour envisager un plan de soutien sur tous ces projets villageois.
voir des photos, cliquez sur : Ateliers de Tchambanga
III) LE MARAICHAGE
Lors de la dernière mission, nous avons particulièrement travaillé sur le
maraîchage : cette activité correspond à une attente de tous les villageois : meilleure alimentation, lutte contre la désertification et possibilité d’avoir des revenus par la vente des
excédents.
III.1 Les champs écoles
A Tidirka
- mise en culture du champ école de 550 m² que nous avions aménagé au mois de mars dernier.
La formation au maraîchage est assurée par Ibrahim.
Le jardin école du Centre a été démarré par la mission Microfel début novembre et la mission
de Pierre et Hélène fin novembre.
A Tchambanga
- Réparation d’un forage situé à 150 m du Centre et aménagement d’un champ école de 600 m². Les villageois ont participé aux
travaux. Les pépinières viennent d’être réalisées et la formation est assurée par Ibrahim.
Le travail de la mission « PH » a permis de lancer le champ école du
Centre et de bien conseiller Ibrahim dans son approche pédagogique.
Normalement nous devrions ramener de la prochaine mission (janvier à mars) des photos des légumes produits !
III.2 Le projet villageois de
Tidirka
Depuis le mois de mars, nous avions étudié les modalités de mise en place d’une zone de maraîchage de 1 ha qui
serait cultivée par et pour les villageois.
En collaboration avec les compétences locales (Direction de l’hydraulique de Dosso,
Projet Lux-Développement, Services techniques de la Mairie de Dosso), nous avons mené les études de faisabilité, la mission MAC (Mireille, André et Claire) s’étant particulièrement investie dans
cette phase préparatoire.
Début juillet, nous avons monté un dossier avec un partenaire compétent dans le domaine du maraîchage en Afrique, l’ONG
MICROFEL, dossier que nous avons déposé auprès de la Fondation VEOLIA.
Nous venons d’apprendre que notre dossier a été retenu ce qui nous permettra de lancer la réalisation de l’aménagement du site de
Tidirka dès le début de l’année 2009.
Sur demande de votre part, communication du dossier.
III.3 Le projet villageois de
Tchambanga
Dans ce village, une ONG locale a commencé à aménager une zone de 2 ha. Les pépinières sont prêtes, les planches de culture aussi ….
Il ne leur manque que l’eau ! En effet, le puits qui est sur la zone n’est pas en bon état.
Les villageois nous ont sollicités pour la réparation du puits : un devis est à l’étude.
IV) NOTRE RECHERCHE DE FONDS
Avant l’été, nous avions déposé des dossiers de demandes de
financement auprès :
- d’entreprises locales ( SIKIG : Société
Internationale des Kiwis du Gaves, Coopérative PRIM’LAND de Labatut), le Groupement ORPI Landes continuant à nous soutenir,
- de la Fondation Agir Sa Vie (FASV),
- de la Fondation VEOLIA pour le projet de maraîchage de
Tidirka,
- du Crédit Agricole et de la Fondation
Tous ces dossiers ont connu une issue favorable ce qui nous permettra de terminer les actions entreprises en 2008.
V) Conclusion
Bien qu’il soit encore tôt pour évaluer la pérennité de nos actions et même si des différences apparaissent entre les villages, nous
pouvons considérer que les villageois ont changé : ils ne demandent plus de l’aide mais ils souhaitent apprendre à exercer des activités pour
améliorer leurs conditions de vie par eux-mêmes. L’activité de maraîchage devrait favoriser, par l’amélioration de la sécurité alimentaire, l’ouverture sur des activités plus tournées vers le
développement villageois.
A ce jour, nous avons formé 61 jeunes et, par notre soutien aux activités villageoises, plus de 400 familles (soit environ 2 800
personnes) voient leurs conditions de vie améliorées.
Un coup de chapeau à l’équipe nigérienne !
L’équipe des formateurs nigériens s’est étoffée et ils méritent nos encouragements :
Namata et Ablaziz, les deux responsables des Centres,
Seydou, Ibrahim, Amina, Hadiza, Halima, Gnilli, Aïssatou, Mariama en menuiserie, maraîchage, couture, broderie, vannerie.
Ils croient au projet et ne ménagent pas leurs efforts. Ils s’investissent auprès des jeunes et des villageois en nourrissant l’espoir
de les sortir de leur extrême pauvreté.
Ils sont maintenant bien connus des membres de notre association qui sont venus en mission et un esprit « grande famille »
s’est instauré entre nous.
Voir des photos, cliquez sur : L'équipe nigérienne
Le centre de Daoudadey
Nous n’avons pas développé le Centre de Daoudadey dans ce compte rendu car il est en phase de démarrage mais les premiers résultats
sont prometteurs ; les filles sont particulièrement dynamiques et les garçons se trouvent confrontés à la nécessité de faire mieux ! Une
bonne émulation. Les villageois sont également très coopératifs et ce Centre démarre dans de bonnes conditions.
Voir des photos, cliquez sur : Le nouveau Centre de Daoudadey
Le travail du Bureau
Depuis notre dernière Assemblée Générale, les membres du Bureau ont beaucoup travaillé pour monter les dossiers et suivre les
activités ; nous pouvons être satisfaits des résultats obtenus à ce jour …...
…. mais, plus que jamais, nous aurons besoin de votre contribution si nous voulons continuer.
Sur demande : les budgets 2009.