Missions 2008 - 2009

Publié le par Madela

Septembre - décembre 2008

La mission s’est déroulée dans de très bonnes conditions et nous avons eu le plaisir d’accueillir Pierre et Hélène (mission PH) qui sont venus travailler sur le maraîchage fin novembre.

 

Ce compte rendu est une première approche de l’évaluation du programme que nous développons depuis septembre 2006. Même s’il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions sur la pérennité de notre action, il s’agit de s’assurer que des évolutions se sont produites dans les villages où nous intervenons et que la situation des villageois s’est améliorée ou est en bonne voie d’amélioration, l’objectif étant le développement rural et la marche vers l’autonomie.

 

I)                   Les Centres d’apprentissage et de Développement rural

 

Notre programme s’organise autour de 2 axes successifs:

-          l’axe 1, apprentissage et alphabétisation pour les jeunes descolarisés, axe que nous finançons entièrement,

-          l’axe 2, développement rural pour l’ensemble des villageois et sur la base de leurs projets, axe  pour lequel nous établissons des dossiers afin de rechercher des financements extérieurs.

 

Nous avons aujourd’hui 3 villages à des stades différents :

    -          Tidirka (ouvert en septembre 2006)

 

Axe 1 - la formation de base est terminée depuis mars 2008 et les jeunes artisans exercent leurs activités en autonomie.

Axe 2 – sous notre impulsion, des activités villageoises génératrices de revenus ont démarré : épicerie, petit élevage, transformation de l’arachide. Un projet de maraîchage est en cours (voir III ci-dessous).

 

-          Tchambanga (ouvert en octobre 2007)

 

Axe 1 : les stagiaires sont en autonomie progressive et termineront leur formation de base fin février 2009.

Axe 2 : comme à Tidirka, les groupements de femmes ont souhaité développer l’activité de l’arachide ; nous avons monté un dossier que nous avons présenté au Projet Lux-Développement ; il est en bonne voie d’acceptation. Un projet de maraîchage est en cours (voir III ci-dessous).

 

-          Daoudadey (ouvert en novembre 2008)

 

Axe 1 : la formation de base a commencé le 6 novembre 2008.

Axe 2 : les réunions villageoises débuteront au mois de mars 2009.

 

 

II) Les premiers résultats

 

Au cours de la mission, nous avons commencé à analyser les premiers résultats sur les villages de Tidirka et de Tchambanga. Il faudra néanmoins attendre l’année 2009 (et les suivantes) pour avoir des résultats plus significatifs.

 

II.1 Première évaluation à Tidirka

 

-          sur les objectifs de base

 

objectifs de base

Pour 18 stagiaires qui ont suivi la formation, la capacité à exercer les métiers appris au cours de l’apprentissage

Les jeunes artisans sont capables de fabriquer les objets qui correspondent aux besoins des villageois.

A l’occasion de la rentrée des classes, de la fête de la rupture du jeûne et de la fête de Tabasky les ateliers ont eu des commandes de vêtements et d’articles de menuiserie (tabourets, bancs, tables, ….). Ils tiennent leur comptabilité : journal de caisse, achats, stocks, compte d’exploitation.

Les résultats sont cependant insuffisants et il faut attendre que les activités villageoises génératrices de revenus soient plus développées pour permettre d’accroître la demande.

Il apparaît nécessaire également de poursuivre les réunions villageoises afin de faire comprendre l’intérêt de faire travailler les artisans du village.

Freiner l’exode des jeunes garçons

Les 9 garçons formés au Centre sont restés au village. Ils ont constitué le Groupement NYYA et exercent leurs métiers dans les locaux du Centre qui leur sont loués (somme symbolique). Pour rester au village, il leur faut au minimum un revenu monétaire de 15 € par mois et par personne, montant qui n’est pas encore atteint.

Retarder l’âge du mariage des filles et leur assurer l'exercice d'un métier

Aucune fille n’a été mariée pendant les deux ans de formation. En revanche, elles ont toutes été immédiatement mariées en mars 2008 et ne sont pas revenues au Centre, et sur ce dernier point, c'est un échec. 
Comme elles sont mariées dans le village, nous négocions actuellement pour qu’elles soient autorisées à faire du travail à domicile (broderie, tricotage …) car la demande existe.

Laisser dans le village un groupe alphabétisé et formé à la gestion

A part deux irréductibles (une fille et un garçon), tous les jeunes que nous avons formés lisent, écrivent et savent faire les calculs de base alors qu’ils étaient majoritairement analphabètes au départ. 4 d’entre eux sont capables de mener des réunions, de faire des comptes rendus et de tenir les documents comptables.

Les cours de gestion continuent pour le Groupement NYYA.

Favoriser l’implantation d’activités génératrices de revenus pour les villageois

Sous notre impulsion, la transformation de l’arachide dans le village s’est développée ; c’est une activité  très rentable. La saison a commencé en novembre et va se poursuivre jusqu’en juin 2009. Nous aurons alors des informations plus précises sur les gains obtenus et sur l’utilisation qui est faite de ces revenus.

Evolution des attentes des villageois

Demande de microcrédit pour monter des activités nouvelles

Pour répondre à des demandes exprimées lors des réunions villageoises, des réalisations ont vu le jour :

-          une épicerie

-          une expérience d’élevage d’ovins

Deux réalisations menées par le Groupement NYYA et pour lesquelles nous avons accordé un microcrédit. Ces activités nouvelles s’avèrent rentables.

Demande d’alphabétisation et de formation à la gestion de la part des femmes des groupements

Nous étudions actuellement les modalités de mise en œuvre de cette formation qui pourrait être l’occasion d’introduire des notions de développement rural.

 

Expérimentation de nouvelles variétés d’arachide et premières ébauches d’organisation pour la commercialisation de l’huile d’arachide

Hommes et femmes ont régulièrement travaillé sur le champ expérimental monté à Tidirka par le Projet Lux-Développement. Les femmes nous ont sollicités pour les aider à s’organiser en vue de commercialiser l’huile.

  


II.2  Première évaluation à Tchambanga

 

Les jeunes n’ont pas encore terminé leur formation : ils sont actuellement en autonomie progressive. Filles et garçons se montrent particulièrement actifs :

 

-          leur travail est de qualité

-          en alphabétisation, nous avons actuellement 2 niveaux :

·              niveau 1 : 13 stagiaires et la formatrice en broderie ; analphabètes au départ, ils lisent et écrivent aujourd’hui sans difficulté ; les cours de gestion ont commencé en décembre ;

·              niveau 2 : un groupe de 6 stagiaires qui au départ avaient quitté l’école entre le CM1 et la 5ème ; ils sont en mesure aujourd’hui de gérer les activités du Centre. Nous leur apprenons actuellement à monter des projets.

 

Nous notons déjà dans ce village une dynamique beaucoup plus forte qu’à Tidirka :

-          les parents sont très impliqués, nous les préparons à laisser leurs filles poursuivre leur travail quand la formation sera terminée et même si elles sont mariées ... à suivre ...

-          les villageois fréquentent régulièrement le Centre et passent des commandes

-          les personnes des villages environnants viennent souvent pour faire des achats.

 

Au cours des réunions villageoises, à côté des activités de base, des besoins d’activités nouvelles émergent : rechapage des pneus et réparation des charrettes (ce qui suppose l’achat d’un groupe électrogène), une épicerie, de l’élevage.

 

Ces  projets sont cohérents et s’inscrivent bien dans une optique d’autonomisation villageoise.

 

Nous attendons la fin de la formation initiale en février pour envisager un plan de soutien sur tous ces projets villageois.

 


III) LE MARAICHAGE

 

Lors de la dernière mission, nous avons particulièrement travaillé sur le maraîchage : cette activité correspond à une attente de tous les villageois : meilleure alimentation, lutte contre la désertification et possibilité d’avoir des revenus par la vente des excédents.

 

III.1 Les champs écoles

 

A Tidirka 

 

   - mise en culture du champ école de 550 m² que nous avions aménagé au mois de mars dernier.

   La formation au maraîchage est assurée par Ibrahim.

   Le jardin école du Centre a été démarré par la mission Microfel début novembre et la mission de     Pierre  et Hélène fin novembre.

A Tchambanga

 

- Réparation d’un forage situé à 150 m du Centre et aménagement d’un champ école de 600 m². Les villageois ont participé aux travaux. Les pépinières viennent d’être réalisées et la formation est assurée par Ibrahim.

 

Le travail de la mission « PH »  a permis de lancer le champ école du Centre et de bien conseiller Ibrahim dans son approche pédagogique.

 

Normalement nous devrions ramener de la prochaine mission (janvier à mars) des photos des légumes produits !

 

III.2 Le projet villageois de Tidirka

 

   Depuis le mois de mars, nous avions étudié les modalités de mise en place d’une zone de maraîchage  de 1 ha qui serait cultivée par et pour les villageois.

 

En collaboration avec les compétences locales (Direction de l’hydraulique de Dosso,  Projet Lux-Développement, Services techniques de la Mairie de Dosso), nous avons mené les études de faisabilité, la mission MAC (Mireille, André et Claire) s’étant particulièrement investie dans cette phase préparatoire.

 

Début juillet, nous avons monté un dossier avec un partenaire compétent dans le domaine du maraîchage en Afrique, l’ONG MICROFEL, dossier que nous avons déposé auprès de la Fondation VEOLIA.

 

Nous venons d’apprendre que notre dossier a été retenu ce qui nous permettra de lancer la réalisation de l’aménagement du site de Tidirka dès le début de l’année 2009.

 

Sur demande de votre part, communication du dossier.

 

III.3 Le projet villageois de Tchambanga

 

Dans ce village, une ONG locale a commencé à aménager une zone de 2 ha. Les pépinières sont prêtes, les planches de culture aussi …. Il ne leur manque que l’eau ! En effet, le puits qui est sur la zone n’est pas en bon état.

 

Les villageois nous ont sollicités pour la réparation du puits : un devis est à l’étude.

 

IV) NOTRE RECHERCHE DE FONDS

 

 Avant l’été, nous avions déposé des dossiers de demandes de financement auprès :

-          d’entreprises locales ( SIKIG : Société Internationale des Kiwis du Gaves, Coopérative PRIM’LAND de Labatut), le Groupement ORPI Landes continuant à nous soutenir,

-          de la Fondation Agir Sa Vie (FASV),

-          de la Fondation VEOLIA pour le projet de maraîchage de Tidirka,

-          du Crédit Agricole et de la Fondation

 

Tous ces dossiers ont connu une issue favorable ce qui nous permettra de terminer les actions entreprises en 2008.

 

V) Conclusion

  

Bien qu’il soit encore tôt pour évaluer la pérennité de nos actions et même si des différences apparaissent entre les villages, nous pouvons considérer que les villageois ont changé : ils ne demandent plus de l’aide mais ils souhaitent apprendre à exercer des activités  pour améliorer leurs conditions de vie par eux-mêmes. L’activité de maraîchage devrait favoriser, par l’amélioration de la sécurité alimentaire, l’ouverture sur des activités plus tournées vers le développement villageois.

 

A ce jour, nous avons formé 61 jeunes et, par notre soutien aux activités villageoises, plus de 400 familles (soit environ 2 800 personnes) voient leurs conditions de vie améliorées.

 

Un coup de chapeau à l’équipe nigérienne !

 

L’équipe des formateurs nigériens s’est étoffée et ils méritent nos encouragements :

Namata et Ablaziz, les deux responsables des Centres,

Seydou, Ibrahim, Amina, Hadiza, Halima, Gnilli, Aïssatou, Mariama en menuiserie, maraîchage, couture, broderie, vannerie.

 

Ils croient au projet et ne ménagent pas leurs efforts. Ils s’investissent auprès des jeunes et des villageois en nourrissant l’espoir de les sortir de leur extrême pauvreté.

 

Ils sont maintenant bien connus des membres de notre association qui sont venus en mission et un esprit « grande famille » s’est instauré entre nous.



Le centre de Daoudadey

 

Nous n’avons pas développé le Centre de Daoudadey dans ce compte rendu car il est en phase de démarrage mais les premiers résultats sont prometteurs ; les filles sont particulièrement  dynamiques et les garçons se trouvent confrontés à la nécessité de faire mieux ! Une bonne émulation. Les villageois  sont également très coopératifs et ce Centre démarre dans de bonnes conditions.


 

Mission janvier/février 2009

 Le nouveau CENTRE D'APPRENTISSAGE ET DE DEVELOPPEMENT RURAL de  DAOUDADEY

Depuis le 6 novembre, 20 stagiaires sont entrés en apprentissage

 
Un petit tour dans nos deux autres Centres

à Tidirka


Le fait marquant est la bonne évolution du jardin. Les jeunes artisans mettent sérieusement en application les cours de maraîchage et  les résultats sont concluants.


Développement villageois :
le projet villageois d'un site de 1 ha va entrer dans sa phase de réalisation !


Nous avons organisé une réunion pour informer les villageois de l'issue favorable de notre dossier.

 

La construction du puits commence la semaine prochaine !


à Tchambanga

Toujours très bonne activité.

Les stagiaires terminent leur formation de base fin février et sont déjà demandeurs de formations complémentaires. Leurs projets sont à l'étude et nous faisons de nombreuses réunions avec les parents et les villageois dans leur ensemble.


Maraîchage :

Le forage a été réparé et fonctionne bien. Le jardin est en bonne voie comme à Tidirka.





Développement villageois

- Le dossier de matériel de traitement de l'arachide a abouti et la dotation par Lux-Développement va avoir lieu cette fin de semaine.

Juin 2009

Les travaux de construction du puits se sont parafitement déroulés et l'eau a été atteinte à 30 mètres de profondeur !

Pour plus de détails, consultez dans le menu :
                                  *  l'historique des Centres 
                                  * le développement villageois 


   A consulter également le compte rendu de l'année dans la rubrique 
                                 * l'Association

   
 

 

 

 

 

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