A l'origine du projet

Objectif : Enclencher un processus de développement durable dans des villages de brousse au Niger.

 

A l’origine du projet

 

En mars 2006, une mission au Niger m’a amenée à faire une étude de terrain dans 6 villages de brousse de la Région de Dosso.

 

Des investissements avaient été faits dans ces villages (château d’eau, bornes fontaines, une classe équipée d’un panneau solaire, un centre de santé et un centre de développement culturel).

 

Parallèlement, des structures villageoises avaient été mises en place : Comité local de développement, Comité de gestion, association des parents d’élèves, Gouvernement des enfants, Association des femmes et Association des jeunes. Toutes ces instances avaient été formées à un fonctionnement démocratique.

 

L’objectif de ma mission était d’évaluer l’impact qu’avaient eu ces avancées sur les mentalités des villageois.

 

J’organisais mon travail d’investigation comme suit :

 

-          à l’arrivée dans le village, réunion en grand groupe pour me présenter et expliquer le motif de ma présence ; établissement d’un planning des rencontres des différents responsables (membres du bureau), comité par comité.

-          déroulement des rencontres ; le schéma d’enquête était le suivant :

·         pour vérifier le fonctionnement démocratique : quand ont eu lieu les dernières élections, comment se sont-elles déroulées, qui …. ?

·         Pour vérifier la bonne compréhension du rôle de chacun ; qu’avez-vous fait l’année dernière ?

·         Pour mesurer l’impact sur les mentalités, quels sont vos projets pour l’année prochaine ?

Sur ce dernier point, il fallait expliquer la différence entre « demandes » et « désirs d’initiative » ; une fois les explications données, les villageois comprenaient bien la différence.

-          En fin de semaine, réunion en grand groupe avec débat et liste des demandes et projets.

 

Les résultats :

 

-          Fonctionnement démocratique : assez bien ; malgré l’emprise encore importante des anciens, des jeunes entrent progressivement dans les comités de même que des femmes et ces nouveaux venus s’expriment. Des progrès à faire cependant dans la communication avec l’ensemble des villageois afin d’ouvrir le champ des candidatures.

-          Compréhension du rôle de chacun : dans l’ensemble, bonne compréhension et souci de coordination entre les comités ; quelques ajustements ont dû être faits. Dans l’ensemble, ils s’entendent et ont compris que cette organisation pouvait les aider à traiter les problèmes et à progresser.

-          Impact sur les mentalités : Important. Tous ont manifesté le désir de devenir autonomes en développant des activités génératrices de revenus. Ils demandent des aides, bien sûr, car ils sont dépourvus de moyens monétaires, mais des aides pour mettre en place les moyens de s’en sortir. Par ailleurs, ils sont informés de la politique de décentralisation menée par l’Etat et cela renforce chez eux la conscience de la nécessité de se débrouiller par eux-mêmes.

 

Droit au cœur

 

Certes les axes d’action sont nombreux mais la grande émotion a été pour moi la rencontre avec les jeunes.

 

Des jeunes de 15 à 20 ans, descolarisés, qui errent dans le village en attendant d’avoir l’âge de partir en exode pour ramener quelque argent.

 

Des jeunes ouverts, qui parlent de ce qu’ils aimeraient faire, des métiers qu’ils voudraient apprendre pour avoir des revenus et rester au village (car ils ne souhaitent pas partir en exode !).

 

Certains ont souvent tenté d’aller à Dosso pour apprendre chez un artisan, mais on ne les prend pas et les parents n’ont pas les moyens de les financer ; alors ils sont revenus au village (ce qui est déjà une sage décision …).

 

Or, ils représentent LE CAPITAL HUMAIN de l’avenir !

 

Action

 

Avant mon départ du Niger, j’avais longuement abordé ce problème avec des cadres de l’enseignement de Dosso. Ils pensaient comme moi qu’il fallait agir et ils étaient prêts à suivre sur un projet.

 

Sur ces bases acquises, c’est le moment d’aller plus loin avec eux, d’autant qu’ils le souhaitent !

 

Forte de ces appuis locaux, dès mon retour en France, je plaide la cause de ces jeunes et présente un projet autour de moi : adhésion suffisante pour créer une Association.

 

C’est ainsi que l’Association M.A.Dé.L.A. (Mener des Actions de Développement durabLe en Afrique) a vu le jour le 1er juin 2006.

 

 

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